La vie est une fête

La vie est une fête.

by Robert Biloute

Ta vie est une fête
Tu vis dans un décor
Ta vis est sans tête
Ton vit presque mort

Parc d’attraction
Divertissement
Cherche la distraction
Autrement dit: ment

L’avais tu prévue
Cette déception
Décès continu
Cercueil en carton

Les files sont longues
Les manèges trop chers
Les filles en robes longues
Annoncent l’hiver

Gamins hystériques
La vessie gonflée
Attendent au portique
D’un grand huit abstrait

Des parents livides
Cherchent une raison
Pourquoi ces yeux vides
Malgré le pognon

La foule est partout
La bête à mille yeux
A mille lieux de tout
Elle écrase, elle veut

Elle mange du désir
Elle chie des euros
Peine encore à jouir
Et repart en lambeaux

Sa vie est une fête
Elle vit dans un décor
Sa vis est sans tête
Perpétuelle sa mort

Sa vie est une fête
Elle vit dans le vain
Sa vis est sans tête
Sa vis est sans fin

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5665.

Publié le septembre 27, 2013 par

Un jour j’écrirai

Un poème optimiste

Un qui fait pas pleurer

Un qui rend pas triste

 

Ce jour là est loin

Il s’éloigne en silence

Comme mes illusions

Que le temps offense

 

Fleurissant jadis

Dans mon petit jardin

Elles étaient mes complices

Je n’en savais rien

 

A coup de serpette

Nettoyant mes plates bandes

Tout fier j’ai fait place nette

Elles ont du se rendre

 

J’ai brulé ces déchets

J’ai jeté toutes les cendres

J’aurais du les garder

J’aurais du comprendre

 

Ces mauvaises herbes là

Se taillent avec prudence

Il faut garder la foi

Un stock d’insouciance

 

On dit, sois adulte

Enfant, meurt en silence

Ou bien dans le tumulte

Mais sans tolérance

 

Pour ce piètre chiendent

Censé être infertile

Et qui donne pourtant

Ce terreau fragile

 

Ce précieux allié

Cette réserve de joie

Contre l’absurdité

Reste le seul choix

 

Un jour je chanterai

Plus fort que je ne pense

En attendant j’écris

Des poèmes en silence

atelier

Un pois en ballade flâne, c’est la lune mangée de nuages, son bonnet se retourne et se fane. Le hibou ulule à cette même lune volée par le lumière et se fond dans l’âme. L’heure tourne, horrible dieu qui mène son monde à une cadence effroyable, il affute sa petite aiguille. Le bébé chie, l’aiguille continue de tourner, à quand le liberté? La voiture pleine se jette sur le temps comme un crachat.

égards

Un désir profond qui ne prend pas racine et tout s’emmêle. La circonvolution cingulaire fout le bordel. C’est bien une conserve de corned-beef que l’on sent dans l’estomac et la mâchoire serrée à s’en inverser les mandibules, Parkinson montre les dents.

Il faut le temps de s’en rendre compte, et le temps d’avoir le temps n’est pas donné à tout le monde. Entre les « anges de la réalité 18b » et l’autre qui construit des maisons, le temps est là. Le temps de se reposer de ses émotions et le temps est là. Le temps d’avoir le temps de réfléchir à autre chose qu’à sa propre panique et le temps est là. Le temps d’absorber les coups de couteaux et les coups de putes et le temps est là.

Puis, sans le réaliser car la nature est bien faite, c’est le temps de péter qui est là. La boite se vide, se disloque, se morcèle, fond dans le réceptacle adéquat, le double papier molletonné fait office de massage thaï à l’orifice, le combat est fini. Gagné ou perdu, je ne sais pas, faut que j’y aille, c’est l’heure de la télé-réalité.

C’est l’histoire d’un mec

Deux pattes pétrissent ma poitrine à travers la couette. Un nez humide vient s’écraser contre le mien. J’entrouvre mes yeux pour admirer une rotation parfaite de l’animal à laquelle s’ajuste l’anneau d’un anus blanchâtre. Il est 12h15. Nous sommes un mercredi, non, un jeudi. Une nouvelle journée qui devait présenter tant de promesses s’est déjà écoulée de moitié.

Je me lève, encore englué d’une nuit trop longue, sans éviter la poutre qui surplombe mon lit. Que devais-je faire déjà ? Ah oui, rechercher un emploi sur des sites qui n’évoluent jamais, faire une heure d’allemand, ma photo du jour, un peu de contrebasse. Surtout sortir écouter un conte filmé au ciné du coin, passer à la chambre de commerce voir ce qu’ils pourraient avoir comme idée pour un paumé comme moi. Passer au Greta, me renseigner sur mes droits. Bon une chose après l’autre, je consulte mes mails et quelques réseaux sociaux avant d’égorger trois oranges sur un presse-agrume.

J’ajoute un peu d’eau bouillie dans la cafetière à piston presque vide et englouti un demi-bol de café trop délayé. La bête revient se frotter sur mes jambes et m’entraîne vers la porte. Je lui ouvre l’accès au jardin et me grille une clope. Finalement je vais lire sur mon nouveau canapé.

Ce qu’on est bien.